Le rôle joué par l'Essex dans le véritable « Ford contre Ferrari »


« Ford vs Ferrari » – cette production hollywoodienne très attendue – sortira ce week-end. Si les critiques sont extrêmement positives, il y a toutefois un aspect qui ne figurera certainement pas dans le montage final : le rôle qu’a joué le fil magnétique d’Essex dans le succès de l’équipe Ford.
L'histoire de ces deux entreprises est étroitement liée, Essex ayant été fondée à la suite du rachat d'actifs liés à la fabrication de fils et de câbles auprès de la Ford Motor Company. En effet, le site de production d'origine d'Essex se trouvait au sein même de l'usine Ford de Highland Park, dans le Michigan, et se consacrait principalement à la fabrication de faisceaux de câbles pour le modèle A. Ford a consacré plus de 60 millions de dollars d'investissements en capital à cette production, alors même que le pays était en pleine Grande Dépression. La relation s'est renforcée au fil du temps et, au moment où Ford a investi dans la course automobile, l'entreprise restait le plus gros client d'Essex.
En 1965, les deux hommes ont conclu un partenariat plus officiel : Essex a intégré l’écurie de course, fournissant le fil magnétique à l’entreprise tout en sponsorisant plusieurs voitures. Le premier membre à rejoindre l’équipe Essex fut Skip Scott. Il s’est entraîné avec Ken Miles (incarné par Christian Bale dans le film) chez Shelby American, société nommée en l’honneur du légendaire constructeur automobile Carroll Shelby (Matt Damon). Lors de sa première année de compétition, l’équipe Essex a terminé quatrième du circuit américain de course sur route au volant d’une Shelby Cobra 427, modèle CSX3009. C’était la première année où la Cobra était équipée d’un moteur « big block », réputé pour projeter des flammes de deux pieds hors de la prise d’air du capot, ce qui valut à la voiture le surnom d’« Ollie le Dragon ».
En 1966, année de la célèbre course du Mans mise en scène dans le film, l'écurie Essex a fait son entrée sur le circuit des Grands Prix internationaux avec la GT40. Elle a ainsi, pour l'essentiel, mis Ollie sur la touche pour la saison et concentré toute son attention sur la victoire face à Ferrari au plus haut niveau.
Lors de la course sur circuit, l'écurie Essex comptait deux voitures au départ des 24 Heures du Mans – même si le film ne le montrera pas. L'une des voitures Essex a bouclé les 15 heures du Mans avec 212 tours, ce qui lui a valu la 24e place, pilotée par Peter Revson et Skip Scott. L'autre voiture, pilotée par Jochen Neerpash et Jacky Ickx, a bouclé 11 heures de course avec 154 tours, ce qui lui a valu la 27e place sur les 56 voitures au départ.
L'histoire est bien connue : Ford voulait remporter des courses. Ford était très contrarié par la façon dont les écuries européennes se moquaient des efforts de son entreprise. Ford a tenté de racheter Ferrari, mais s'est heurté à un refus, car Enzo Ferrari a mis trop de temps à se décider, puis a demandé davantage d'argent.
Ce que l'on sait moins, c'est à quel point Ford et Essex ont collaboré étroitement pour améliorer le produit.
Paul O’Malley, alors président d’Essex, a déclaré que l’entreprise « avait relevé le défi et en avait fait une réussite tant pour Essex que pour Ford ».
Alors que l'équipe Ford investissait massivement dans les essais et les améliorations – ce qui sera montré dans le film –, une grande partie de ce qui y est présenté concerne la résistance à l'air et l'allègement de la voiture ; ce qui n'y est pas montré, en revanche, c'est l'innovation en matière de puissance apportée par l'équipe d'Essex.
Au final, le succès de la saison 1966 au Mans a été une victoire pour les deux marques.
Ford a réussi à augmenter ses ventes – ce qui a toujours constitué une motivation supplémentaire pour la marque, d'autant plus que la Chevrolet Corvette remportait des courses et faisait grimper les chiffres de vente de la société concurrente.
Cela s'inscrivait également dans le cadre d'une stratégie visant à renforcer la visibilité d'Essex, dont le chiffre d'affaires avait atteint 355 millions de dollars, avec 44 usines et 16 000 salariés à la fin du partenariat avec le monde des courses.
Aujourd'hui, Essex continue de fournir l'industrie automobile : l'électrification a en effet renforcé le rôle de ses fils magnétiques dans l'avenir grâce aux moteurs de traction, sans pour autant reléguer au second plan son expérience passée dans le domaine des véhicules à moteur à combustion interne.
L'innovation reste au cœur de sa croissance, comme en témoignent l'ouverture récente du centre d'innovation MagForceX® et la création de l'EnduroTemp® 260+, qui continuent de repousser les limites des applications des fils magnétiques.





